Le Salvador a récemment attiré l’attention pour son approche innovante de la gestion de sa dette, grâce à l’utilisation du Bitcoin. Sous la direction du président Nayib Bukele, qui a officialisé ce 12 octobre 2024 un rachat de dette de 940 millions de dollars, une étape cruciale pour réduire son fardeau de la dette extérieure.

Un rachat symbolique
Cette stratégie s’inscrit dans une initiative plus large visant à se libérer de la dépendance aux prêts internationaux, en particulier ceux des institutions comme le FMI, et à atteindre l’indépendance financière en exploitant le Bitcoin comme un actif clé.
We’ve just accepted offers for debt repurchase totaling U.S. $940,441,670.83 🇸🇻https://t.co/45yIhjdMKn
— Nayib Bukele (@nayibbukele) October 12, 2024
En plus du rachat de ses obligations souveraines, le Salvador a adopté le Bitcoin comme monnaie légale depuis 2021. Cette mesure vise à stimuler la croissance économique et à attirer les investissements étrangers. Le pays a progressivement augmenté ses réserves de Bitcoin, détenant désormais près de 5 870 BTC (soit environ 380 Millions de $), et prévoit d’intégrer davantage les crypto-monnaies dans son infrastructure financière.
Bitcoin City ?

Un FMI sceptique...
Malgré certaines critiques, notamment de la part d’organisations comme le FMI, les efforts de réduction de la dette et l’accent mis sur le Bitcoin font partie d’une stratégie plus large visant à renforcer la souveraineté financière et à promouvoir une durabilité économique à long terme.
Depuis que le Salvador a adopté le Bitcoin comme monnaie légale en 2021, le Fonds Monétaire International (FMI) n’a cessé de manifester son inquiétude vis-à-vis de cette décision. Récemment, lors d’une conférence de presse, Julie Kozack, porte-parole du FMI, a réitéré les recommandations de l’institution : réduire l’exposition du secteur public au Bitcoin, renforcer la régulation du marché des cryptomonnaies, et limiter la portée de la loi sur le Bitcoin. Le FMI craint que la volatilité des cryptomonnaies n’affecte la stabilité financière du pays, d’autant plus que l’économie du Salvador reste fragile. Bien que les risques supposés n’aient pas encore été concrétisés, l’institution estime qu’un cadre réglementaire plus strict est nécessaire pour prévenir d’éventuels dérapages économiques.